Blaise et les enfants terribles

Publié le 17 Mars 2013

Dans "Bourlinguer" de Blaise Cendrars (merci à Apache)

Blaise et les enfants terribles

  ... Le prolétaire qui se saoule le samedi soir "après le turbin" ou l'ouvrier agricole le dimanche matin, jours de paie, ce n'est pas tant pour oublier sa misère que pour protester contre le patron qui l'écrase, le politicien qui l'exploite, le militaire qui le fait baver, l'ordre établi, la loi, la police, l'Etat qu'il emmerde, ce régime d'usines, de bagnes, de prisons qu'il faut foutre par terre, comme ça ! 

 _et il fait trembler le comptoir d'un coup de poing formidable, et il avale un dernier petit verre, et il flanque ses sous à la figure du bistroquet, et c'est lui qui se fout par terre, nom de Dieu! ...Il n'y a pas de justice... "Mort aux vaches!...Mort aux bourgeois! ... Taïaut! sus! haro! Pille! ... Pille! ... A nous les poules de luxe et les stars des capitalistes! Les gonzesses sont avec nous!..." Il voit rouge, l'homme, mais il voit clair. Et Dieu ne lui donnera pas tord qui a mis sa révolte dans son verre, ni le Pape. L'Eglise est faite de ses saints, des ivrognes mystiques et transcendantaux, des enfants terribles qui foulent la vigne de Noé. Donc, si en plus des animaux mâles et femelles qui étaient à bord de l'arche de Noé, le Seigneur a caché un pied de vigne c'est que Dieu avait une intention lointaine..., la rédemption, le cep de la Croix :" Prenez, mangez, ceci est mon Corps... Buvez-en tous, car ceci est mon sang..." (Matthieu, XXVI, 26, 27, 28)... une lointaine atténuation à la malédiction du travail.
... Le prolétaire qui se saoule le samedi soir "après le turbin" ou l'ouvrier agricole le dimanche matin, jours de paie, ce n'est pas tant pour oublier sa misère que pour protester contre le patron qui l'écrase, le politicien qui l'exploite, le militaire qui le fait baver, l'ordre établi, la loi, la police, l'Etat qu'il emmerde, ce régime d'usines, de bagnes, de prisons qu'il faut foutre par terre, comme ça ! 
 _et il fait trembler le comptoir d'un coup de poing formidable, et il avale un dernier petit verre, et il flanque ses sous à la figure du bistroquet, et c'est lui qui se fout par terre, nom de Dieu! ...Il n'y a pas de justice... "Mort aux vaches!...Mort aux bourgeois! ... Taïaut! sus! haro! Pille! ... Pille! ... A nous les poules de luxe et les stars des capitalistes! Les gonzesses sont avec nous!..." Il voit rouge, l'homme, mais il voit clair. Et Dieu ne lui donnera pas tord qui a mis sa révolte dans son verre, ni le Pape. L'Eglise est faite de ses saints, des ivrognes mystiques et transcendantaux, des enfants terribles qui foulent la vigne de Noé. Donc, si en plus des animaux mâles et femelles qui étaient à bord de l'arche de Noé, le Seigneur a caché un pied de vigne c'est que Dieu avait une intention lointaine..., la rédemption, le cep de la Croix :" Prenez, mangez, ceci est mon Corps... Buvez-en tous, car ceci est mon sang..." (Matthieu, XXVI, 26, 27, 28)... une lointaine atténuation à la malédiction du travail.

Rédigé par

Repost 0
Commenter cet article