L'art de boire à travers les âges

Publié le 24 Février 2013

L'art de boire à travers les âges

Le vin, comme les robes, suit la mode. Parfois il est court, parfois long.

Dans l'antiquité, les Grecs avaient deux principes : on ne boit pas le vin pur et l'on ne picole pas seul. Aujourd'hui on boit sec et pas toujours en compagnie. Parfois même les anciens remplaçaient l'eau de source par de l'eau salée ( il n'en est plus question désormais, mais une saveur saline dans un rouge est toujours un signe de finesse).

Tout l'art de l'exercice était dans le choix de la bonne proportion. Plutarque déconseillait "de boire en quatre" ( 3 parts d'eau, 1 part de vin). Il n'avait pas tort, la dilution est alors telle que le plaisir s'en trouve noyé. Il estimait que le mieux était "en trois" ( deux doses de vin pour trois d'eau), ce qui apporte sérénité sans désordre. Pour lui et ses contemporains, seuls les barbares buvaient le vin pur et s'avilissaient dans d'épouvantables orgies. Orgies parfois meurtrières.

Aujourd'hui, la tendance la plus récente - il me semble - est de boire frais, de plus en plus frais. Alors que, jusqu'au début du XVIe siècle le vin se buvait chaud ( ce qu'appréciaient aussi les Grecs et les Romains). On chauffait le vin à l'approche d'un feu, en jetant dans la coupe un pain grillé ( un taost), ou bien une lame portée au rouge, ou bien encore l'on ajoutait de l'eau bouillante.

Et puis tout changea.

On se mit à boire le vin frais, et même glacé, sous Henri III. La mode fit fureur au point qu'on imagina de taxer la glace comme le sel. Ce n'est que bien plus tard qu'on taxa le vin lui-même, le fisc se mettant ainsi à l'abri des caprices du goût. Qu'il soit chaud ou froid, le vin rapporte toujours à l'Etat. Au XIXe, les gourmets adoptèrent une mode suisse qui permettait de goûter le vin à température de table.

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